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19 juillet 2017 3 19 /07 /juillet /2017 05:41

Mon rêve familier :

C'est un des plus célèbres et des plus beaux poème de Verlaine, qui le récitait souvent à ses amis :

"Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant

D'une femme inconnue, et que j'aime et qui m'aime

Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même

Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon coeur, transparent

Pour elle seule, hélas ! cesse d'être un problème

Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,

Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse ? - je l'ignore.

Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore

Comme ceux des aimés que la Vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,

Et pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a

L'inflexion des voix chères qui se sont tues.

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18 juillet 2017 2 18 /07 /juillet /2017 05:31

Grillage de la pluie de Gabriel Cousin :

Les flèches de la pluie

brûle et la route fume

et dix mille petites

blessures étincellent.

La grille de la pluie

tisse le paysage

enserre les jardins

et griffe la fenêtre.

Le grillage de la pluie

étend ses doigts lisses

sur les frais visages ruisselants des enfants.

Luc Bérimont quant à lui nous dit qu'il va pleuvoir :

Il va pleuvoir, les marronniers sont noirs

S'il tombe de l'eau, bernique je pars pour la Martinique

S'il tombe du vin c'est bien j'en remplis un cruchon plein.

S'il arrive de la grêle c'est tant pis pour les ombrelles

Mais s'il tombe de la neige ?

S'il en tombe, alors, que fais-je ?....

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5 juillet 2017 3 05 /07 /juillet /2017 06:28

Rémy Belleau (1528-1577) :

Là, les lis et les roses

De leurs robes décloses

Font renaître en tout temps

Un beau printemps,

L' oeillet et l' amarande

Le narcisse et l'acanthe

Cent mille et mille fleurs

Y naissent, dont l'haleine d'air, les bois et la plaine

Embaume de senteur.

Il est écrit :

Des bords où le matin rayonne jusques à l'occident,

C'est la seule bonté qui donne tout plaisir évident.

Si la terre souffre, tarie, tu viens la visiter,

Et les grands trésors de ta pluie tombent pour l'arroser.

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3 juillet 2017 1 03 /07 /juillet /2017 05:45

Pas une feuille qui bouge,

Pas un oiseau chantant,

Au bord de l'horizon rouge

Un éclair intermittent ;

D'un côté rares broussailles,

Sillons à demi noyés,

Pans grisâtres de murailles,

Saules noueux et ployés ;

De l'autre, un champ que termine un large fossé plein d'eau,

Une vieille qui chemine avec un pesant fardeau,

Et puis la route qui plonge dans le flanc des coteaux bleus

Et comme un ruban s'allonge en minces plis onduleux

Th. Gautier

 

Ce Proverbe nous dit  :

Cherchez la chose où vous l'avez laissé tomber, car c'est là qu'elle se trouve !

 

 

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29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 05:59

Henri Bosco :

Les vents aiment les voiliers

Sur la mer où les dauphins jouent

Gonflent leurs belles joues.

La côte est pleine de lauriers.

Deux barques qui s'en vont

naviguent de conserve

Passent au fil des eaux et sentent le

goudron.

Il fait si bon

Qu'on voit fumer un bastidon

Sur le cap de Minerve.

 

V. Muselli : le soir.

Les feuilles ne sont plus que cendres et que rouilles,

Le jour est mort, le ciel est dépeuplé d'oiseaux ;

Déjà la lune monte, et déjà les grenouilles

De leur chant querelleur ont troublé les roseaux.

 

 

 

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28 juin 2017 3 28 /06 /juin /2017 05:44

J'ai vu mourir une fleur,

J'ai vu renaître un oiseau blessé,

Il y a au plus profond du coeur

une voix qui incite à aimer.

Un arbre tend ses branches au levant

Reflet dans l'eau de bras implorants

Il est bien vieux, le vent le démène.

A la source du temps il voudrait s'abreuver

Un homme le regarde et semble retrouver dans cet arbre vaincu sa propre liberté.

V. Fulpin

 

Corneille a écrit :

Le temps est un grand maître, il règle bien des choses !

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19 juin 2017 1 19 /06 /juin /2017 05:26

Il y a de grandes flaques de sang sur le monde

où s'en va-t-il tout ce sang répandu

est-ce la terre qui le boit et qui se saoule

drôle de soûlographie alors si sage...si monotone...

Non la terre ne tourne pas de travers

elle pousse régulièrement sa petite voiture

ses quatre saisons, la pluie...la neige...l grêle ...le beau temps...

Jamais elle n'est ivre

c'est à peine si elle se permet de temps en temps un malheureux petit volcan.

Elle tourne la terre

elle tourne avec ses arbres...ses jardins... ses maisons...

 

Fr. Mauriac a écrit :

L'épreuve ne tourne jamais vers nous le vissage que nous attendions !

 

 

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13 juin 2017 2 13 /06 /juin /2017 06:03

Le médecin Tant-pis allait voir un malade

Que visitait aussi son confrère Tant-mieux.

Ce dernier espérait, quoique son camarade

Soutint que le gisant irait voir ses aïeux.

Tous deux s'étant trouvés différents pour la cure,

Leur malade paya le tribut à nature,

Après qu'en ses conseils Tant-pis eut été cru.

Ils triomphaient encore sur cette maladie.

L'un disait : "Il est mort ; je l'avais bien prévu.

- S'il m'eût cru, disait l'autre, il serait plein de vie."

 

Apollinaire a écrit :

Incertitude, ô mes délices

Vous et moi nous nous en allons

Comme s'en vont les écrevisses

A reculons, à reculons.

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12 juin 2017 1 12 /06 /juin /2017 06:02

Longtemps au pied du perron de

La maison où entre la dame

que j'avais suivie pendant deux

bonnes heures à Amsterdam

Mes doigts jetèrent des baisers

Mais le canal était désert

Le quai aussi et nul ne vit

Comment mes baisers retrouvèrent

Celle à qui j'ai donné ma vie un jour pendant deux heures.

Je la surnommai Rosemonde, voulant pouvoir me rappeler

Sa bouche fleurie en Hollande

Puis lentement je m'en allai

Pour quêter la Rose du Monde.

Apollinaire

Il a également écrit :

Quand la montagne accouche de temps en temps sous l'ouragan

Un vieux sapin geint et se couche

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7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 05:55

Dans la plaine les balaquins

S'éloignent au long des jardins

Devant l'huis des auberges grises

Par les villages sans églises.

 

Et les enfants s'en vont devant

Les autres suivent en rêvant

Chaque arbre fruitier se résigne

Quand de très loin ils lui font signe.

 

Ils sont des poids ronds ou carrés

Des tambours des cerceaux dorés

L'ours et le singe animaux sages

Quêtent des sous sur leur passage.

Apollinaire

 

Tahar Ben Jelloun a écrit :

L'amitié  qui se lit sur les visages et dans les gestes devient comme une prairie dessinée par un rêve dans une longue nuit de solitude.

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